Née en 1990. Vit et travaille à Lyon
Fondatrice et membre du collectif de performance Les enfants de Diane depuis 2017
Résidente aux Ateliers du Grand Large (Adera) depuis 2018


Hélène Hulak développe depuis plusieurs années une pratique d’installation mélangeant peinture, volume et vidéo. Elle travaille à partir d’images récupérées provenant souvent des media populaires tels que les magasines, les clips musicaux, les films mais aussi de travaux d’autres artistes. Elle s’approprie ces images en les déformant, les distordant, les agrandissant, et modifie ces représentations du monde pour les faire siennes.

Elle travaille sur notre relation aux images et la façon dont elles codifient notre rapport au genre et a notre environnement, en explorant ses propres contradictions du regard, entre désir, fascination et rejet.



Aaaaaaaaaaaaargh ! Par Romain Gandolphe

Qui aurait pu croire, en entrant simplement dans une exposition, se retrouver au milieu d’un scénario d’épouvante ! À moins que ces créatures aux dents aiguisées et aux ongles allongés ne soient finalement pas si monstrueuses ? À bien les regarder, ces femmes aux costumes déshabillés et aux formes voluptueuses ne nous veulent peut-être pas tant de mal. Mais alors après qui ou après quoi en ont-elles ? D’où leur vient ce désir brûlant de vengeance ? Et pourquoi diable affichent-elles sur leurs visages, leurs seins et tout leurs corps une telle colère ? Probablement que leur souveraine, l’Impératrice Éponge a ses raisons. Le personnage inventé par Hélène Hulak a laissé dans les différentes pièces de l’artiste quelques indices. Alors qu’on l'observe se prélassant, nue et cambrée, peinte sur un mur à très grande échelle, on peut lire : « L’impératrice Éponge aime votre chair ». Son objectif semble clair. Se jouer de nos fantasmes et de l’image du corps de la femme pour cogner le patriarcat avec fracas. Le tout dans une explosion de couleurs fluo, de décors obscurs, de matériaux brillants et poilus, de présences numériques et ce dans une atmosphère assourdissante. Ainsi dans les œuvres d’Hélène Hulak, la femme fatale, monstrueuse et terrifiante s’immisce et apparait en peinture, en volume, en dessin ou en vidéo, quand l’artiste ne l’incarne pas elle-même à l’occasion de performance live. Elle vient même, sans prévenir, nous surprendre au milieu de la nuit dans nos rêves devenus cauchemars !